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«Je préfère découvrir quelque chose de nouveau»

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Nouvel entraîneur de vitesse des hommes, Reto Nydegger est un homme d'idées qui préfère faire bouger les choses plutôt que parler fort.

Un jour, il veut partir et laisser sa vie quotidienne derrière lui. Il rêve de faire le tour du monde à bord d’un voilier. Des doutes? Ou au moins des peurs? Ça le fait rigoler. Il aime le changement. L’aventure l’excite. Il dit: «M’asseoir simplement dans mon fauteuil, je ne peux pas. Je préfère découvrir quelque chose de nouveau.»

Nous sommes tôt le matin, un jour du mois d’août à Zermatt. Reto Nydegger entame sa journée à 5h. Depuis le 1er mai, il est officiellement de retour chez Swiss-Ski en tant qu’entraîneur du groupe de vitesse des hommes. Et qui veut récolter en hiver, doit semer durant l’été. À 6h15, le voilà qui monte au Petit Cervin avec ses collègues du staff. En route, il profite du calme. La vue sur le Cervin le fascine et le pousse à aller toujours plus loin.

La ponctualité est essentielle

Ce mercredi, le programme prévoit un entraînement de super-G sur le glacier. Il commence à 8h30. Il accorde beaucoup d’importance à la responsabilité individuelle des athlètes. Lorsqu’il fixe un rendez-vous, il attend d’eux qu’ils fassent preuve de ponctualité. Entre les entraînements, il leur laisse beaucoup de liberté: «Chacun sait lui-même ce qui lui fait du bien.»

Les meilleurs athlètes veulent être guidés.


Nydegger a 45 ans et vient d’Iseltwald, dans l’Oberland Bernois. Il a grandi dans ce village au bord du lac de Brienz, qui est toujours resté son havre de paix. Durant sa jeunesse, il skie, prend part à des courses régionales et vibre pour les Crazy Canucks, les descendeurs canadiens Ken Read et Steve Podborski. L’eau l’attire également. Il se découvre une passion pour la planche à voile. À Interlaken, il suit un apprentissage d’employé de commerce au bureau de la préfecture. Il travaille dans les tribunaux des mineurs de Bienne et de Spiez. En 1999, il en marre du bureau – et ressent une envie de changer d’air. Il veut partir en Australie, puis y va pour enseigner le ski dans les Snowy Mountains. Après avoir intensifié sa formation d’entraîneur, il rejoint l’équipe de Mike von Grünigen en tant qu’indépendant à son retour en Suisse en 2000.

«Vous me voulez vraiment?»

Il plonge dans un monde qui lui plaît et dans lequel il souhaite s’établir. Il entraîne les femmes, le cadre C de Swiss-Ski dès 2003, l’équipe de Coupe d’Europe entre 2005 et 2009, et finalement les meilleures slalomeuses du pays pour une année. En 2013, après trois ans à la tête de l’équipe suisse masculine de Coupe d’Europe, il n’est «plus trop heureux». La nouvelle se répand jusque chez les Norvégiens, qui ont appris à connaître et à apprécier Nydegger au cours de séances d’entraînement en commun. Ces derniers parviennent à le convaincre de reprendre le groupe de Coupe d’Europe. Et ensuite, en 2015, Nydegger est promu chef des grands, comme Aksel Lund Svindal, Kjetil Jansrud ou Aleksander Aamodt Kilde. Par précaution, il leur demande d’abord: «C’est vraiment ce que vous voulez?» La réponse: «Évidemment.»

Hiérarchie plate

Désormais, il évolue dans «une autre ligue», comme il l’appelle. Nydegger n’a pas à se sou-cier d’une quelconque acceptation. La hiérarchie est plate, l’ambiance conviviale, et il le ressent rapidement: «Les meilleurs athlètes veulent être guidés.» Il n’a pas besoin de leur apprendre à skier, comment descendre à Wengen ou à Kitzbühel, mais plutôt de leur offrir des conditions idéales. Nydegger gère le budget, réserve des vols et hôtels, organise des camps d’entraînement. Dans tout ce qu’il fait, il place le sport au premier plan. «Nous nous sommes totalement concentrés sur l’essentiel», dit-il. «Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour être préparés de manière optimale à chaque course.»

Un objectif: améliorer les départs

Alors que Zermatt se réveille lentement, Nydegger se tient déjà debout avec la radio à près de 4000 mètres d’altitude, prêt pour les athlètes. Un Super-G est piqueté pour Beat Feuz, Carlo Janka, Marc Gisin, Mauro Caviezel, Niels Hintermann et Gilles Roulin. À eux aussi, comme autrefois avec Svindal ou Jansrud, il n’a pas besoin d’expliquer comment fonctionne leur sport. Mais il y a déjà des projets sur lesquels il veut travailler, par exemple: l’impulsion au départ. «On peut encore y gagner du temps», assure-t-il. Un entraîneur de ski de fond a pour objectif d’aider à affiner la technique de poussée avec les bâtons ainsi que les pas de patineurs.

Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour être préparés de manière optimale à chaque course.


Chaque athlète réalise six à sept descentes. Clap de fin lorsque la neige devient trop molle, aux alentours de midi. Nydegger tire un bilan satisfaisant de la matinée: «Il s’agissait de retrouver la sensation de vitesse. C’était un bon entraînement.» Il prend place dans le téléphérique rempli de touristes. Il n’a pas besoin de traitement de faveur. À ses côtés figurent son entraîneur assistant Erich Schmidiger – et Karl Frehsner. Le vieux maître est venu en visite pour deux jours, sur invitation de Nydegger. Chez Swiss-Ski, il s’occupe de l’optimisation des combinaisons. Mais à Zermatt, il donne toutes sortes de conseils aux athlètes. Et lors de la descente, l’Autrichien de 80 ans assure le spectacle en racontant une série d’anecdotes.

Descendre la montagne, monter sur le vélo

Les entraîneurs font une pause croûte au fromage (avec oeuf et jambon) au restaurant de montagne Furri. Plus tard, à la station inférieure, Nydegger rend visite aux préparateurs. Ont-ils des questions? Constaté des problèmes? Non, tout va bien. Il part ensuite pour un tour à VTT avec Erich Schmidiger, avec lequel il partage également sa chambre lors du camp d’entraînement. Se changer les idées: la meilleure recette dans le sport actif. À peine de retour, Nydegger se plonge dans une séance d’analyse vidéo et discute avec Frehsner: «Je peux bénéficier de son expérience.»

C’est un membre de l’équipe

Nydegger se considère comme un membre de l’équipe, et c’est exactement ce qu’il veut transmettre au groupe: que chacun aide l’autre. C’est aussi la raison pour laquelle ce premier camp d’entraînement dure douze jours. «Le skieur est un sportif individuel, mais il est aussi intégré dans une équipe. Si cette équipe est unie, il est le premier à en profiter.» À 18h30, Nydegger se réunit avec le staff pour discuter du programme du lendemain. Un quart d’heure plus tard, il détaille le plan aux athlètes. Vient ensuite le souper en commun, lors duquel une règle vaut pour tous: interdiction d’amener son smartphone à table.

Skier, surfer et naviguer

Le soir est tombé sur Zermatt. Nydegger est assis dans le lobby de l’hôtel. Ce n’est pas un homme qui parle fort, il ne recherche pas l’attention. Pourtant, il a une histoire passionnante à raconter. Il raconte qu’il a ouvert une école de surf au tournant du siècle et comment il a voyagé aux Caraïbes en 2002 pour apprendre des meilleurs surfeurs du monde sur l’Île de Bonaire. Il tente actuellement de passer son permis bateau pour la haute mer. L’idée d’effectuer le tour du monde est un projet sérieux.

Reto Nydegger dégage quelque chose de rassurant, mais aussi d’intrépide. Il s’arrête peu après 22h. La nuit sera à nouveau courte. «Pas de problème», dit-il, «demain tout recommence de zéro.» Puis il s’en va en lâchant un sourire détendu.